Cela faisait très longtemps que j'avais envie de découvrir les Cévennes. J'avais eu un avant-goût l'été dernier lorsque j'ai fait le Mont Aigoual, le fameux 4000 marches.
Mais avant même de marcher sur ce chemin, il y a une histoire à découvrir. Celle d'un écrivain écossais, Robert Louis Stevenson, qui, en 1878, entreprend ce même itinéraire avec son ânesse Modestine. De ce voyage naîtra "Voyage avec un âne dans les Cévennes", un récit habité par la solitude, la beauté de la nature et les rencontres. Un livre que j'ai lu et qui m'a animé de cette envie de découvrir le chemin. Et puis, il y a eu le film "Antoinette dans les Cévennes" qui a renforcé cette envie.
Me voila donc dans le Massif des Cévennes, classé réserve de biosphère par l’UNESCO, un territoire à part : montagnes arrondies, vallées profondes, forêts de châtaigniers, landes sauvages… et ses habitants, amoureux de leur Terre.
Dans un court article, tel un carnet de bord, j'avais envie de vous raconter ce périple depuis le village Le Bleymard jusqu'à Saint-Jean-du-Gard, soit une centaine de kilomètres.
Le départ en itinérance a toujours quelque chose de solennel. On sait que l'on part mais on ne sait pas ce que l'on va découvrir, qui on va rencontrer. Le sac à dos est encore bien rangé, les affaires sont encore propres !
Cette étape sera la plus belle de ces 5 jours de marche. Le Mont Lozère s’ouvre devant moi avec ses paysages vastes et lunaires.
C’est une terre rude et authentique et même si le relief n'est ni celui des Alpes, ni celui des Pyrénées, je trouve l'endroit magnifique ! On se sent petit...et j'aime ça.
La descente vers Pont-de-Montvert marque un changement de décor : des genêts d'or, des pierres arrondies, le charmant village de Finiels. Le panorama est magique, la lumière aussi. L'arrivée au fond de la vallée sur Pont de Montvert, village chargé d’histoire, respire déjà la mémoire cévenole. On est dans l'ambiance dès le premier jour !
Le soir, premier gîte, première rencontre avec Béatrice, la gardienne du Gite le Chastel, une personne au grand coeur qui nous accueille avec la bienveillance qui la caractérise.
Le soir, un repas chaud au village et une bonne nuit de sommeil nous attend pour vivre cette deuxième journée de marche.
On quitte le charmant village de Pont de Montvert, village coup de coeur de ce séjour, pour partir sur les hauteurs par un chemin qui serpente entre genêts d'or, forêts denses et panoramas infinis.
Le Parc national des Cévennes se dévoile pleinement : une nature préservée où la quiétude sera le mot le plus parlant de cette itinérance. Cette étape-ci est la plus longue, 26 km de bonheur !
L’arrivée à Florac, petite capitale cévenole, me fait découvrir une ville avec un certain charme. Mais, en intersaison les terrasses sont assez vides et je trouve la ville un peu éteinte par rapport à ce que j'avais entendu dire.
La journée débute sur une route très peu fréquentée. Je n'aime pas marcher sur le goudron et je dois vous informer que le GR70 comporte un certain nombre de pistes agréables certes, mais qui ne sont pas les sentiers auxquels je peux être habituée en montagne.
Ce jour-là, le chemin suit en partie une ancienne voie ferrée et un cours d'eau magnifique. La montée est très douce, les paysages sont très beaux. C’est une journée de récupération par rapport à la veille. On l'apprécie car on prend le temps d'une pause au bord de l'eau, d'une sieste dans l'herbe.
L’ancienne gare de Cassagnas a quelque chose de suspendu dans le temps. On imagine les trains, les départs, les vies passées.
J'ai beaucoup apprécié ce gîte et la propriétaire, une femme de caractère, qui aime partager avec les randonneurs. Le repas et le petit-déjeuner ont été un grand moment de réconfort après la marche et, repue, je m'endors pour une bonne nuit de sommeil.
Sur cette étape, une pluie fine s'invite en début de matinée. Les paysages deviennent plus méditerranéens, les pins apparaissent, la végétation change.
Je passe par un village, St Germain de Calberte, où la rencontre avec un habitant nous portera dans une longue discussion sur les Cévennes. Ce vieux monsieur, travaille sa terre et fait pousser légumes et tout ce qui lui permet de se nourrir des produits de la terre. On discute longuement, j'apprécie ces échanges simples et vrais car l'itinérance c'est, au delà des paysages, les rencontres imprévues et l'enrichissement humain.
Le Pont de Burgen est un lieu presque secret. La grange date du 12ème siècle. Je suis là où je veux être. Un lieu incroyable, des hôtes passionnées, un repas délicieux autour de la chaleur d'un bon feu. C’est un moment à part où je me suis vraiment sentie dans les Cévennes.
La dernière étape a toujours une saveur particulière. On marche différemment, plus lentement peut-être, comme pour prolonger l'instant et ne jamais arrivé à destination.
On quitte le département de la Lozère pour celui du Gard. On sent la Méditerranée, la chaleur de la végétation. Le passage au Col Saint Pierre annonce la dernière descente vers notre gîte, l'auberge de modestine.
L’arrivée à Saint-Jean-du-Gard marque la fin du chemin… mais pas de ce qu’il a ouvert en moi. La sensation d'avoir vraiment pu découvrir une partie de la France profonde, mais également, le sentiment que même sans un gros dénivelé j'apprécie découvrir une nature différente et néanmoins sauvage.
Merci Robert Louis Srevenson d'avoir eu cette idée un peu folle au 19ème siècle de partir avec un âne pour traverser les Cévennes.
- Gite du Chastel à Pont de Monvert
- À Florac, il s'agissait d'un airbnb
- Cassagnas : L'Ancienne Gare de Cassagnas
- Pont de Burgen près de Saint-Etienne-Vallée-Française
- Le Pré de Modestine à Saint-Jean-du-Gard
Une vidéo dédiée à ce séjour est en ligne sur Youtube :